Nous portons notre intervention là où le paysagiste est urbaniste, pour participer à la conception et la construction des territoires de demain.

Mener le projet sur des itinéraires urbains et paysagers
Paysagistes et architectes urbanistes, nous portons au sein de l’agence IupS la démarche du paysage étendue au territoire où tout espace est considéré à la lumière de l’écologie, du confort et de l’esthétique. Nous interrogeons le devenir de chaque lieu en parallèle de la réalisation d’un programme quel que soit l’ampleur ou le contexte, d’une rue de lotissement aux perspectives d’évolution d’une région. De quel sol hérite-t-on ? Comment s’y écoule l’eau ? Comment y prospère la végétation et la vie de façon générale ? Peut-on s’y arrêter, prendre du plaisir à y passer ?
Chaque terrain d’étude mérite ces réflexions pour en révéler les qualités ou pour les redécouvrir ; cette démarche relève donc d’une forme de mise à distance, parfois critique mais toujours nécessaire, pour considérer le projet suivant une approche large et le renforcer.
Nous sommes convaincus que cette démarche du paysage étendue au
territoire devient nécessaire pour répondre aux enjeux qui règiront nos
actions de manière croissante : lutte contre l’érosion du sol et sa dévitalisation, adaptation aux phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes en pluie ou en chaleur, soucis de la ressource finie, confort pour chaque façon de se déplacer alors que les plus grandes vitesses ont conditionné la forme de l’espace ces cinquante dernières années.
Au coeur de notre pratique depuis plus de dix ans, l’espace public est un des terrains essentiels pour répondre à ces enjeux. Unique support des déplacements, il reste aussi l’espace où la ville prend corps, qu’elle que soit sa taille, par les usages et les relations, ainsi que le principal accès à la nature pour beaucoup. Conscient de l’ampleur des enjeux qui le concerne, nous essayons que chacun de nos projets y apporte des réponses à sa mesure en s’appuyant sur trois piliers : la mise en relation, l’ouverture et les expériences.
Nos champs d’intervention
Le grand paysage de demain par la planification
Comment sortir de l’approche souvent quantitative et abstraite des documents d’urbanisme ? Une zone ouverte à l’urbanisation, une règle de recul ou une prescription sur les clôtures se répercutent sur le paysage ; en montrant comment des règles parfois anodines s’inscrivent dans le paysage jusqu’à en devenir des marqueurs, nous cherchons à faire prendre conscience que l’urbanisme règlementaire n’est pas une réflexion abstraite, ou pire un simple bilan comptable, mais un moment crucial où se produit déjà le paysage de demain. Nous cherchons donc à rendre tangible cette réflexion stratégique sur l’aménagement du territoire en la projetant dans le paysage perçu par toutes et tous au quotidien. Décrire le paysage, c’est aussi prendre en compte de façon simultanée plusieurs fonctionnalités que l’élaboration des documents réglementaires sépare trop souvent. La fonctionnalité écologique (le cycle de l’eau, la continuité des espaces boisés et des milieux favorables à la biodiversité), la fonctionnalité des sols, la mobilité, depuis quelques années la production d’énergie sont toutes évoquées lorsque débute la lecture d’un paysage. La mobiliser permet donc de sortir au moins une fois des logiques de silo pour envisager la stratégie comme un tout ayant pour finalité de définir le paysage de demain.
Les villes et les villages de demain par la démarche de paysage

Qu’il s’agisse de porter des projets sur le temps long, d’élaborer des plans d’action ou d’explorer le champ des possibles sur un aménagement précis, notre intervention en amont des projets opérationnels suit un fil rouge : faire atterrir la réflexion sur l’aménagement. En tant qu’urbaniste-paysagiste, nous cherchons à inscrire les projets dans leur site. En apparence banale, cette intention est pourtant riche de sens et de pistes de projet : en prenant en compte la topographie existante, un bâtiment à construire trouve vite une place qui coule de source, le tracé d’une rue s’infléchit pour gérer les eaux en surface, les pentes s’ajustent pour réduire les besoins en terrassement. En identifiant et en ménageant les poches de meilleure terre, le paysage de demain se compose à partir des “monuments naturels” déjà présents. Si nous investissons également l’ensemble des champs techniques du projet, de la mobilité à l’hydraulique, c’est pour que cet inévitable volet puisse être traité sans étouffer la question centrale : le devenir d’un lieu. Les études pré-opérationnelles sont aussi selon nous l’occasion de nourrir le débat avec l’ensemble des institutions et des habitants sur les enjeux relatifs à l’adaptation et à la mitigation des bouleversements climatiques, afin de tracer ensemble des réponses propres à chaque contexte.
Les espaces vécus de demain par la maîtrise d’oeuvre

Préparer le chantier, le suivre et donner corps à la transformation d’un lieu forment le coeur de notre pratique. C’est un moment crucial où doivent se joindre les échelles les plus vastes – celles des grandes continuités qui font le paysage, les trames vertes, les unités paysagères – et celle plus réduites du projet – une prairie, une noue, un ouvrage permettant de se déplacer. C’est aussi un tournant où le projet se confronte aux demandes et aux exigences pratiques, où la hauteur d’une main courante prend autant de poids que la qualité du lieu. Par nos formations complémentaires, nos parcours et nos expertises, nous avons développé des réflexes et des connaissances qui nous permettent d’assurer cette jonction des deux échelles, de tenir le projet au fur et à mesure de sa montée en précision. Par le dialogue avec les services techniques, l’anticipation des sujets à traiter et la maîtrise des détails, nous gardons le fil de notre ambition : faire avec et faire pour, révéler la singularité du lieu dans lequel s’implante le projet et concevoir des espaces capables de créer du commun. La place du végétal nous importe tout particulièrement pour créer une diversité d’ambiance qui invite à s’arrêter, observer, contempler. C’est aussi en gardant en tête que le végétal garantira l’habitabilité de nos espaces de vies dans un contexte de changement climatique dans dix ou vingt ans que nous dessinons les espaces d’aujourd’hui.
Amplifier le projet par des démarches collaboratives
Le projet est un moment politique. Sujet d’envies, d’inquiétudes ou de conflits, il touche au cadre et aux modes de vie. Chacune de nos interventions s’efforce de se nourrir de ces émotions et de rechercher à la fois le contact, l’information et l’idée auprès des futurs usagers. Que ce soit pour un projet de long terme (une « stratégie ») ou de court terme (un aménagement), leur réussite ne se décrète pas à partir d’un geste conceptuel ; la beauté d’une rue plantée ou d’un parc vient aussi de son appropriation, de la vie et de la joie qu’elle suscite. De la planification à la conception d’un espace public, notre approche est indissociable d’une démarche collaborative qui intègre élus, techniciens, et usagers pour nourrir la conception. Avec nos partenaires, nous avons développé plusieurs méthodes pour débattre d’un projet avec le public, du diagnostic (balades urbaines, questionnaires) jusqu’au stade des premiers dessins dont nous partageons la lecture en atelier/débat, voire jusqu’au chantier de préfiguration. Nous n’ouvrons pas une « boite de Pandore » en ménageant un espace de parole : il ne s’agit pas de faire s’opposer sans issue les désirs des uns avec ceux des autres. Nous invitons au contraire, par un cadre méthodologique défini, à remettre la notion de bien commun au coeur des espaces et à interroger la part d’intérêt général contenue dans chaque projet.
L’équipe

Nathalie Marme
Paysagiste DPLG – Urbaniste OPQU – Paysagiste conseil de l’Etat – Gérante
Nathalie MARME, paysagiste concepteur DPLG, urbaniste OPQU et paysagiste conseil de l’Etat, a une expérience « plurielle » du métier de paysagiste qui s’étend du pilotage de missions d’analyse et de prospective territoriale, de restructuration et d’extensions urbaines et aux missions de conception d’espaces publics, sur des territoires à la géographie, à l’histoire différentes. Le passage du territoire à la ville, de la ville au quartier, du quartier à la place, au jardin, un emboitement dans l’espace et le temps qui permet de resituer le projet dans un ensemble intelligible. Une élaboration de réponses justes, appropriées et inscrites dans une approche globale d’espaces conçus à «l’attention de» : d’usages, d’usagers, d’une commande avec ses attentes et ses enjeux, de la beauté et des utilités paysagères (environnementale, sociale et esthétique).

Sébastien Denechaud
Architecte HMONP – urbaniste
Sébastien a acquis depuis 10 ans une expérience solide en maitrise d’œuvre urbaine et paysagère. Il a construit une expertise sur des projets variés, espace public, abords d’équipement, résidentialisation, écoquartiers en travaillant avec des maitrises d’ouvrages publiques et privées. Il a de plus une très bonne connaissance du contexte local de par le suivi de projets ancrés dans le territoire, secteurs patrimoniaux, zones inondables, adaptation face au changement climatique, gestion intégrée au paysage des eaux pluviales. Il travaille principalement sur de la maitrise d’œuvre d’espaces publics qualitatifs, places, rues, parcs, aires de jeu, cours d’école. Il intervient également sur des études de faisabilité en phase pré-opérationnelle et pilote les phases de concours au sein de l’agence.

Thomas Riou
Architecte D.E – urbaniste
De formation initiale avec un double diplôme, ingénieur ENTPE et architecte DE Thomas s’appuie sur une expérience de cinq ans en maîtrise d’œuvre urbaine comme chargé d’études et une formation post-master en urbanisme de projet. Ayant intégré IupS en novembre 2021, il travaille à la fois sur des sujets d’urbanisme réglementaire, abordant les enjeux de fabrication du paysage dans les documents d’urbanisme, en urbanisme pré-opérationnel, travaillant à la recomposition urbaine des espace publics à la faveur de projets de refonte des modes de déplacements, de relocalisation d’équipements, de renouvellement urbain, aussi bien qu’en maitrise d’œuvre d’espaces publics.

Emma Fischer
Architecte D.E
Architecte de formation, Emma est jeune diplômée de l’école d’architecture de Strasbourg, où elle a développé une sensibilité à l’échelle urbaine, aux problématiques de transition environnementale ainsi qu’à la notion vivre-ensemble. En tant qu’assistante d’études, Emma est amenée à venir en appui aussi bien sur des missions de maîtrise d’œuvre d’espace public en intervenant à différentes phases de projet, que sur des phases pré-opérationnelles, ou sur des concours.
